Le massif du Mont-Blanc : un écrin de blancheur

Le massif du Mont-Blanc : un écrin de blancheur

Avec ses sommets vertigineux, ses neiges éternelles, ses imposants glaciers, le site impressionne. Mais – rançon de la gloire – le mont Blanc pâtit d’une fréquentation touristique très élevée.

En haut, trône le  » Toit de l’Europe », qui culmine à 4 810 mètres. En bas, de rares vallées. Car le massif du Mont-Blanc, de superficie modeste – environ 400 km² -, est compact. Il se laisse difficilement éroder par ses nombreux torrents, et les glaciers occupent les dépressions jusqu’à loin en bas des pentes.

Dans le brouillard…juridique

On parle depuis des années déjà de la création d’un parc naturel couvrant son ensemble, comme de son inscription au Patrimoine mondial de l’Humanité de l’UNESCO. Son voisin le massif des Aiguilles Rouges bénéficie déjà de la protection d’un statut de Réserve. Certes, mais… En majeure partie située sur le territoire français – Haute-Savoie et Savoie -, la patrie des Montblanais empiète sur la Suisse et l’Italie. De quoi compliquer encore les procédures d’acquisition d’un statut.

Tous pays confondus, cela représente 220 000 ha, 100 000 habitants et 35 communes. le projet d’un Parc naturel international, s’il n’a pas abouti, a débouché en 1991 sur la création d’un espace de concertation, la Conférence Transfontalière Mont-Blanc. Cette structure politique informelle s’est fixé quatre objectifs prioritaires : « soutenir l’agriculture de montagne ; préserver les espaces naturels et les paysages ; encourager un tourisme doux ; réduire l’impact des transports. » Ce vaste programme prévoit en outre la participation des populations à l’élaboration de stratégies pour un développement durable dans le massif.

Victime de son succès

Pour l’essentiel, le massif est granitique. Des roches datant de l’Hercynien – période où surgirent les Vosges, les Ardennes, le Massif Central et, plus loin de nous en Europe, l’Oural – ont été englobées ici dans la poussée alpine. Dans le cœur du massif, la Vallée Blanche, et dans sa partie Est, on trouve des roches plutoniques, formées lors du refroidissement d’un magma en profondeur. La partie occidentale est constituée de schistes cristallins. C’est le cas du sommet du mont Blanc.

Objet de controverse : à quel pays appartient-il ? A quelle altitude exacte se situe-t-il ? Une chose est sûre : c’est un important lieu d’observation scientifique : on pense notamment au refuge Vallot, du nom du botaniste et météorologue qui y fit construire un abri au XIXe siècle, mais aussi à l’observatoire Janssen, construit en 1893 en dépit de l’abandon de l’architecte pressenti – un certain Gustave Eiffel – et englouti en 1909 dans une crevasse. C’est aussi le théâtre d’exploits autant que de drames.

Aujourd’hui, c’est l’un des sites touristiques les plus visités de la planète. Le massif a vu naître l’alpinisme. Il lui doit d’être sorti de l’isolement que lui valaient précisément, ses hauts sommets, que les légendes disaient habités par des puissances maléfiques. Il pâtit désormais de son succès. Plusieurs dizaines de milliers de personnes, venant des quatre coins du monde, tentent chaque année l’ascension devenue accessible à qui possède cœur et jambes en état convenable, et laissent sur leur passage des tonnes de déchets et détritus.

Pour remédier à cela, l’idée flotte dans l’air de subordonner l’aventure à la délivrance d’un permis d’ascension soumis à la disponibilité de places dans les refuges, ou encore de supprimer les refuges pour décourager les « suiveurs ». Le seuil de sur-fréquentation étant atteint, il faudra de toute façon trouver une issue, sans nuire au « tourisme doux » que la région promeut.

Dans cette optique, la commune de Saint-Gervais a initié en 2004, l’opération « La montagne à l’état pur », avec par exemple une collecte festive des déchets au printemps. Tandis que Chamonix développe le concept de « tourisme durable », en incitant ses habitants et visiteurs à contribuer à la protection de l’environnement pour « la vallée de demain ». L’utilisation des transports en commun, dont le réseau permet d’effectuer le tour du massif, est vivement encouragée.


Une assemblée de géants

Cependant, le massif arbore d’autres sommets que le mont Blanc, dont un nombre conséquent des 82 pics à plus de 4 000m que comptent les alpes.

La grande Bosse (4 547 m), la Petite Brosse ( 4 513 m), le mont Maudit (4 465 m), le dôme du Goûter (4 304 m), le mont Blanc du Tacul (4 248 m) sont autant de voies d’accès au sommet vedette.

Les grandes Jorasses, à cheval entre la France et la Suisse, comptent six pointes, nommées Young, Marguerite, Hélène, Croz, Whimper et Walker, le point culminant à 4 208 m.

Son versant français, face nord, est une des plus grandes faces granitiques des Alpes. L’Aiguille verte ( 4 121 m), d’accès difficile, est ainsi nommée d’après la teinte que prend la glace qui la recouvre à certaines heures du jour.

À plus de 4 000 m, on trouve l’Aiguille blanche, l’Aiguille de Bionnassay, la Dent du Géant, la Pointe Barelli et le Piton des Italiens. La dizaine d’autres sommets s’élève entre 3 754 et 3 930 m.

On jouit au mieux de ce panorama en empruntant depuis Chamonix le téléphérique de l’Aiguille du Midi, qui emmène ses occupants à 3 842 m où la vue s’ouvre à 360°. Mais pour ne rien manquer du spectacle, on choisira la randonnée du tour du mont Blanc. Il faut compter de sept à dix jours, à raison de cinq heures de marche quotidienne, avec des dénivelés de 800 à 1 000 m.


Une vallée encombrée

En bas, coule l’une des rivières les plus abondantes et les plus tumultueuses de France : l’Arve. Elle prend sa source dans la montagne de Balme, au village du Tour, au-dessus de Chamonix.

Elle reçoit de nombreux torrents, dont l’Aveyron, formé des eaux de la Mer de Glace. Puis elle sillonne sur 102 km jusqu’au lac Léman, avant de se jeter dans le Rhône.

Jadis, on y a cherché de l’or. Aujourd’hui, elle est fréquentée par les amateurs de rafting et autres sports aquatiques, auxquels son haut débit printanier et estival promet des sensations extrêmes.

Sa vallée comprend celle de Chamonix, dite aussi « haute vallée de l’Arve ». La rivière l’a en partie creusée, mais son origine remonte à l’époque glaciaire, quand les glaciers des Alpes s’étendaient jusqu’à Genève. Fortement urbanisée, elle compte de nombreuses industries, la plupart spécialisées dans le décolletage ou la mécanique de précision. Véritable carrefour alpin, elle est empruntée par de très nombreux véhicules, ce qui ne va pas sans poser des problèmes environnementaux.


Le royaume du gypaète

Sols acides, glaciers et pentes raides ne favorisent pas le développement d’une flore très riche sur le massif lui-même. Dès qu’apparaissent les roches calcaires et un climat moins extrême, les sous-bois des forêts de conifères abritent des espèces variées, dont des fleurs rares – comme le sabot de Vénus, le lys Martagon, l’Ancolie des Alpes…

Tandis qu’en altitude, au milieu des arbustes – rhododendron, myrtille…-, la prairie alpine se colore au printemps de la floraison des gentianes, campanules ou edelweiss.

Côté faune, on déplore une disparition ; celle de l’ours. En revanche, le gypaète, réintroduit dans les années 1980, s’est bien implanté. Les chanceux pourront voir planer au-dessus de leur tête le plus grand des rapaces de France.

Il faudra une bonne dose de pugnacité pour apercevoir une marmotte sortie de son hibernation, ce rongeur se faisant très discret pou réchapper à l’aigle royal. Le renard et le chamois, eux, s’aventurent assez fréquemment dans la vallée. Dans les prairies ou les pierrailles d’altitude, on croisera peut-être cerfs, chevreuils et bouquetins.

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